La liste évolutive des 500 plus grands albums de tous les temps de Rolling Stone magazine, bien que régulièrement remise à jour depuis sa création en 2003, est complètement déglinguée.
Pour preuve, à l’heure où j’écris ces lignes, quelque part en août 2025, Nevermind n’est pas numéro 1.
Alors qu’il a été prouvé maintes fois que tu peux pas faire mieux que l’album de Nirvana sorti le 24 septembre 1991.
Sérieusement.
Comment un album comme KID A peut-il se retrouver dans les 20 premiers ?
Dans quel monde ?
Ya pas plus chiant que ce truc.
Et puis, tu l’as déjà écouté en entier Purple Rain ? L’album de Prince ?
Tu peux ?
Ben non tu peux pas !
Parce que tu tiens à ta santé mentale. Et physique.
8e du top actuel.
Oui.
On a un problème.
La clairvoyance de Rolling Stone Magazine.
Mais ce n’est pas vraiment de ça que je voulais vous parler aujourd’hui.
De tous ces albums loin dans le classement ou juste absents de cette liste, il est évident que certains auraient pu se faire une meilleure place assez facilement.
C’est des albums qui ont tout pour bien figurer dans les 500.
Mais ils contiennent trop de titres.
Un album où tu as 10 bons morceaux et 10 moyens est rarement considéré comme un chef-d’œuvre.
Alors que si tu fais un peu le ménage, tu te retrouves, au minimum, avec un truc solide.
C’est ça l’idée.
Il n’y a pas que Nirvana qui sort un album en septembre 1991.
Une semaine avant eux,
le 17 à minuit, les Guns N’ Roses sortaient Use Your Illusion I & II.
30 morceaux sur 2 disques vendus séparément.
2 h 30 de musique.
Le mastodonte de Los Angeles.
Oh, comme il a été fantasmé celui-là.
Je ne suis vraiment pas la première personne à balancer son Use idéal sur internet. Loin de là.
Avant l’existence du streaming et des playlists en 3 clics, c’était même un passage obligé pour n’importe quel fan du groupe.
Chacun y allait de sa cassette-compilation.
Et c’est tellement varié, inégal, étonnant.
Tellement décevant, dramatique, poignant, comique, ringard, virtuose ; que tout est possible.
Il y a des centaines de Use Your Illusion différents.
Et on va devoir chercher le nôtre.
Trier, sélectionner et réassembler.
Parce qu’il est là quelque part, l’hallucinant successeur d’Appetite For Destruction (et ne venez pas me parler de Lies comme d’un album , come on, guys).
Alors je me lance à mon tour…
Premier réflexe.
Mettre les meilleures chansons Rock N’ Roll/Hard Rock, et construire un truc dans la veine du disque précédent.
Mais le constat est sans appel.
Tu ne peux pas rivaliser avec Appetite.
Ils savent jouer du gros rock, ils le font toujours très bien, mais ça ne fait plus pareil.
Pourquoi ?
Plus la même urgence ?
Changement de batteur ?
L’âge, le confort, la suffisance, l’aisance, l’usure, la météo ?
Je ne sais pas. On s’en fout.
Ce qui s’observe, c’est que dans le genre Welcome To The Jungle / It’s So Easy/ Mr Brownstone, il n’y a pas assez de matière pour un disque entier.
Et de toute façon.
Ce n’est pas le propos de Use Your Illusion.
Les types sont allés chercher autre chose.
Beaucoup de styles différents – toujours rock – mais le spectre s’est considérablement élargi.
Ce serait effroyablement réducteur de garder uniquement cet aspect de leur musique.
Mais alors, que c’est compliqué.
Parce que c’est plein de morceaux très longs.
6 titres de plus de 7 minutes.
15 autres qui tapent entre 4 et 6 minutes.
Ça nous laisse seulement 9 chansons – et pas les plus dingues – qui tournent autour des 3 minutes ou moins.
Les 2/3 de l’album sont des grosses saucisses !
Dilué sur 2 heures 30, ça passe à peu près. Mais quand on resserre la sélection, c’est une autre histoire.
Et c’est d’autant plus difficile que certains de ces morceaux sont des monuments…
Mais un truc m’a considérablement simplifié la tâche.
Il y a consensus.
Intercontinental.
Ça fait 35 ans que les fans imaginent ce Use Your Illusion ultime.
Une grosse partie du taf a déjà été réalisée.
Si on s’amuse à regarder les listes de journalistes, fans, bloggers, forumeurs en tous genres, et même maisons de disques, 8 titres ressortent.
Pas tous à chaque fois, mais au moins 4 ou 5 d’entre eux la plupart du temps.
Il s’agit des singles.
USE I : Live And Let Die, Don’t Cry, November Rain
USE II : Civil War, Yesterdays, Estranged, You Could Be Mine, Knockin On Heaven’s Door
On peut aimer ou pas, il n’y a rien à dire.
Qu’on soit déçu parce que ça sonne pas comme avant.
Qu’on préfère les versions des Wings ou de Dylan des 2 reprises présentes ici. Qu’on trouve November Rain trop long, trop kitch ou la voix d’Axl toute pétée sur l’intro d’Estranged.
C’est pas la question.
C’est la colonne vertébrale.
C’est ça qui va nous faire jouer dans les stades.
Un bon exemple de la présence de ces chansons dans la plupart des listes est la compilation officielle Use Your Illusion de Geffen sortie en 1998, au format CD, sur le marché étasunien.
C’était pour des chaînes de supermarchés qui refusaient de vendre les disques jusque-là, à cause de la vulgarité des paroles.
Mis à part You Could Be Mine – qui était peut-être too much pour Walmart et Kmart (?) – les 7 autres sont dessus.
Donc ce débat sur les singles, il peut avoir lieu bien sûr.
Et il y a des tas d’endroits sympas pour débattre sur le fait que Don’t Cry est vraiment une ballade de merde si on la compare à Patience ou Sweet Child O’ mine.
Mais pas ici.
Don’t Cry est sur l’album.
C’est peut-être facile, après coup.
Puisqu’on sait aujourd’hui quels titres ont été mis en avant par le marketing durant la longue période de promo (de juin 91 à décembre 93).
On voit les chiffres, le nombre de vues, les setlists des concerts.
Mais il se trouve que oui, les 8 sont – sans trop de mauvaise foi – tout en haut du panier.
Personnellement, j’ai appris au moment de faire cette liste, et en me baladant sur Wiki, que 8 singles étaient sortis.
Et ben, banco, j’avais les 8 !
Donc.
Silencio.
Là où on peut s’écharper, par contre, c’est sur les titres qui vont nous permettre de rendre tout ça cohérent.
Il s’agit de succéder à putain d’Appetite For Destruction.
Alors tout doit avoir un sens.
L’ordre des morceaux, l’énergie, la surprise.
Et certains excellents titres ne seront pas sur la galette, parce qu’ils casseraient la dynamique d’album qu’on cherche ici.
Hasard du calendrier, l’autre matin je tombe sur cette discussion dans le Sub Reddit MetalForTheMasses. La question est :
Quel est le groupe qui, pour vous, a un excellent premier album, mais dont tout le reste de la discographie est à chier ?

Let’s Go
You Could Be Mine est le premier morceau de Use Your Illusion.
C’est une évidence aujourd’hui.
Comme disait ce type sur un forum, ça n’aurait jamais dû être Right Next Door To Hell.
Parce qu’en comparaison avec le premier titre de l’album précédent, Welcome To The Jungle, on tombe de 6 étages.
La chanson est ok, mais pas en 1.
C’est You Could Be Mine qui doit être là.
Le premier single, sorti au début de l’été pour le film Terminator 2.
Les gens connaissaient déjà.
Ça sort des jams période Appetite.
Avec l’énergie de ces années-là.
Batterie, basse, guitares.
Une longue intro qui monte en puissance.
Ça explose.
Un gros riff, et Axl qui déboule en slip.
Plus sexy que jamais, les Guns N’ Roses sont de retour.
Use Your Illusion sera différent d’Appetite For Destruction, le second morceau est une ballade, Yesterdays.
On n’attendra pas la neuvième plage et un certain Sweet Child O’ Mine pour ça.
Guitares en son clair, un peu bluesly.
Des accords au piano, une première.
Les Guns ont embauché un claviériste.
Pas question d’empiler les bombes hard rock cette fois.
On tourne la page, c’est ce que semble aussi dire le clip en noir et blanc, tourné à Seattle.
Nostalgie du chemin parcouru.
Les musiciens ont l’air plus vieux.
Cette sensation est renforcée par des photos qui défilent.
On voit furtivement des images de l’ancienne vie du groupe : le Slash d’avant son chapeau, Izzy devant un bus, un Duff tout jeunot au look improbable (1.53), des extraits du shooting d’Appetite…
D’ailleurs, le batteur dans la vidéo, Matt Sorum, n’est plus celui des photos, Steven Adler.
Et Izzy s’apprête à quitter le groupe …
Si Yesterdays n’est pas une reprise d’un ancien Beatles, la troisième chanson, oui. Les Wings plus précisément.
Live And Let Die.
Comme sur Use I.
Comme à la Hall Tony Garnier en 1993*,
le titre arrivait assez tôt dans les setlists de la tournée Skin N’ Bones.
*Ben ouais j’y étais. Avec ma maman et mon meilleur pote.
Laisse-moi frimer un peu.
Chemise à manches longues style Parker Lewis, gel dans mes cheveux en brosse et file d’attente interminable au bar pour commander un coca.
« Alors petit ! C’est ton premier concert ?! »
Me lance un vieux barbu au comptoir, avec un t-shirt Bad Apples.
Je regarde autour de moi, tout le monde a des t-shirts noirs avec des têtes de mort ou des pistolets, des cheveux longs et des jeans troués.
Ben ouais carrément. Mon premier concert.
Ça se voit tant que ça …
Place de choix pour cette interprétation musclée de la composition de Linda et Paul McCartney, qui par ailleurs respecte scrupuleusement la structure de l’original.
Alors ce n’est pas extraordinaire, pas leur meilleure reprise non plus.
Mais ça fait le boulot et reste emblématique de cette période.
Et ça s’enchaîne si bien avec la suite…
Le morceau suivant n’a pas commencé que tu entends déjà l’intro dans ta tête.
Délicieuse composition d’Izzy et Axl, Don’t Cry est une petite bombasse de power ballad qui arrive juste après la reprise de Macca sur Use 1.
Pas mal influencée par les Finlandais d’Hanoï Rocks, avec un solo de guitare reconnaissable entre mille.
Alors, on doit en parler.
C’est n’importe quoi.
Le clip.
Sur le toit avec le type de Blind Melon, Slash qui pète les plombs en voiture au-dessus de L.A, des meufs qui se tapent dans un bar et Axl qui tremble un peu partout dans les parcs, dans un asile, au Groenland.
Cette vidéo, qui essaye de nous raconter 40 histoires différentes en 4.43, c’est bizarre et un peu raté.
Mais pas le morceau.
Qui était déjà là en 1985.
C’est dans l’ADN des Guns.
Je veux dire, ce titre aurait pu sortir sur Appetite.
Il était prêt.
On aurait peut-être échappé au final-démonstration d’Axl, regardez comment je tiens ma note jusqu’à l’année prochaine si je veux. Parce que j’ai des poumons de dieu vivant du rock’n’roll, et que je suis nettement au-dessus de la moyenne des gens niveau cage thoracique.
Ce passage n’était pas présent dans la demo, et ce n’était pas si mal.
Par contre, la quasi-totalité du solo de Slash était déjà en place.
Après le slow, tu envoies le pâté.
C’est la règle.
Une chanson courte et énergique.
Ayant beaucoup plus poncé Use II à l’époque, j’ai longtemps pensé au Shotgun Blues.
Puis en écoutant un peu mieux Use I, et en découvrant le clip, j’ai opté pour Garden Of Eden…
Mais c’est comme dans les courses de vélo.
Quand la personne qui va passer la ligne célèbre un peu trop tôt en levant les bras au ciel, et se fait passer devant au dernier moment.
C’est Perfect Crime, déjà à la suite de Don’t Cry dans le disque original, qui occupera cette place.
Pour son énergie générale et le côté rebondissant du chant.
Son pont plus calme, et son solo de gratte à toute allure.
Un bon petit paquet de nerfs.
Un titre qui va nous emmener tout en fureur au premier diamant de l’album.
Et si tu écoutes ça sur cassette, au dernier de la face A.
Estranged.
Avec ses 9 minutes 23 de musique, je ne l’avais pas entendu depuis des années. Je me suis rendu compte que je connaissais toujours tout par cœur en 2025.
De bout en bout.
Toutes les parties.
Toutes les intonations de voix d’Axl et son travail au piano, les solos de Slash, la superbe entente de la section rythmique entre Duff, Izzy et Matt.
Je sais, il y a les détracteurs.
Toujours là pour nous rappeler à quel point rien ne va dans cette composition de Rose, qui a ce jour reste le deuxième titre le plus long de tout leur répertoire.
Il y a des trucs qui irritent : la voix chelou d’Axl au début, le choix des effets dans les solos de guitare, le côté mainstream, etc.
Sur moi, ça a toujours fonctionné.
Contrairement à d’autres morceaux où j’aurais voulu qu’ils coupent quelques minutes, certaines longueurs sur Locomotive – quel gâchis – ou Coma par exemple.
Le truc dure plus de 9 minutes, et tout est à sa place.
C’est brillant.
En plus, ici le groupe nous emmène dans une direction inédite.
Assez surprenant venant d’eux et parfaitement interprété.
Estranged – dans sa version studio – est une immense réussite.
La chanson parfaite pour revenir sur terre après cette escapade au milieu des dauphins, Right Next Door To Hell.
Du rock n’ roll normal.
Et donc, non pas pour ouvrir l’album – ceci n’est jamais arrivé – mais bien pour lancer la face B.
On bascule dans la seconde moitié du disque avec un truc dans la bonne vieille tradition.
Mention filler song/10, dans le bon sens du terme.
Ça envoie, c’est pas chiant, c’est pas long.
Et ça déroule le tapis rouge pour un autre énorme classique des Guns.
Civil War.
Déjà.
Unique apparition de Steven Adler, le batteur d’Appetite, qui se fera lourder du groupe après l’enregistrement de ce morceau (pour des raisons que cela ne nous regarde pas).
Mais surtout.
« What we’ve got here is … failure to communicate »
Cette suite d’arpèges en E-, G, D/F#.
Puis ça sifflote du When Johnny Comes Marching Home, le couplet commence « Look at your young men fighting… »
On est parti pour une petite séquence anti-guerre des familles.
Toujours bon à prendre par les temps qui courent.
7 minutes 42 d’une chanson Hard-rock aux petits oignons frits, ponctuée de solos de grattes à grands coups de pentas distordues, tous plus iconiques les uns que les autres.
Et c’est un morceau tellement bien foutu, que même si tu laisses Slash tout seul, le cul vissé sur une chaise avec sa guitare acoustique et un (excellent) clone d’Axl Rose au chant, le truc tient quand même parfaitement la route.
Si même lui se mélange dans ses accords, je peux le faire aussi
La seconde cover de l’album, le titre de Bob Dylan, Knockin’ On Heaven’s Door, était mon premier coup de cœur, lorsque on m’a offert Use II en 1992.
J’ai appris les paroles en anglais alors que je n’y pigeais rien.
Comme une sorte d’incantation. Je me prenais pour Axl dans ma chambre.
J’avais tout.
Les p’tits cris de chat des rues, les aïe aïe aïe, aouuuhh yeaahhh, knock knock knock et même le coup du téléphone.
Je sautais dans la foule – mon lit – et j’ai souvenir d’avoir pété quelques lattes dans le processus d’identification.
J’ai sans doute aussi fait péter la tête de mes parents à force de passer en boucle cette chanson cet été-là.
Enfin bon.
Quand j’écoute ce titre aujourd’hui, je le trouve toujours aussi cool.
Aussi, parce que les 2 solos de Slash, encore une fois, sont impeccables.
C’est une histoire qui se raconte après les refrains et qui s’intègre parfaitement dans la structure du morceau.
Ce sont des phrases musicales qui te restent dans la tête à vie, tellement ça coule de source.
On reconnaît immédiatement la version de Dylan, et la touche des Guns est bien présente. Un exemple de reprise.
En concert, le truc est devenu un peu plus discutable au fil du temps, avec ce passage un peu ringard en pseudo-reggae.
Très très pas bien si tu veux mon avis.
Mais cette version de février 88 au Ritz, avec le line-up original des Guns (Adler est à la batterie, Izzy est toujours là) est un très beau document.
Sur Use Your Illusion, Slash sort parmi les plus beaux solos de sa carrière.
Et Izzy, l’autre gratteux du groupe, le compositeur de l’ombre, quelques rythmiques très bien senties qui ramènent à l’esthétique du premier album.
Dans le style rock ‘n’ roll, il est en grande partie responsable de You Could Be Mine, Right Next Door To Hell et Perfect Crime.
Ici, on va caler Double Talkin’ Jive (mothafuka), qui est une compo 100% Stradlin.
C’est aussi lui qui prend le lead au chant, chose rare.
Le solo se laisse écouter, on finit même par une espèce de flamenco improbable à la guitare acoustique.
Why not.
Le morceau dure un peu plus de 3 minutes, juste ce qu’il faut pour notre album d’exception.
En concert, Izzy s’étant barré avant la tournée, c’est Axl qui chantait.
Et il faut croire qu’ils aimaient tous beaucoup ce titre, car ils pouvaient le faire durer près de 10 minutes sur scène, selon la forme et l’humeur de Slash qui profitait de l’instant pour étaler sa technique.
D’ailleurs ça continue à l’heure où j’écris ces lignes. Le titre est toujours dans le set. Et ça part toujours autant en jams.
On a tous nos petites habitudes rassurantes.
Bon, tu sais très bien ce qui arrive ensuite.
Oui.
La pluie.
…
Enfin.
Comme liquide, soyons francs, on a plus affaire à de la bonne vieille soupe de poireaux.
Un piano et un synthé dégueulasse.
Le break de batterie random numéro 53 au fond de la grotte.
Ya même des putains de flûtes.
Et des violons.
Mais où sommes-nous tombés les enfants ?
Bou diou de bou diou.
Ah! Axl qui chante.
Des cœurs tout pourris, la section rythmique à Laurent Voulzy.
Temps mort.
C’est mort,
c’est moooooooooorrrrrrrrrrrrt
Ah! Un solo de Slashounet.
Tambouille inferminable d’arpèges avec des sons de Clavinova.
Un autre solo !
Ça difficile.
Pourquoi nous faire autant.
Ah c’est.
J’avoue,
du,
oui, non, c’est pas moi.
Non , j’ai pas fait pipi sur Julien,
c’était pour nettoyer son vélo.
Mais c’est quand que c’est quoi le problème ?
Qu’est-ce qui ne va ?
Vous rendez compte ??
On vous aime, nous !!
On a ACHETER LE DISC quand même !!!
On dirait le générique de Sherlock Holmes chanté par Amélie Morin en 1984. Mais en TOUT NAZE.
C’est pas,
Ça veut pas s’arrêter, ils veulent pas,
Hein ?
?
Et puis une gorgée de Volvic.
Changement d’ambiance.
Nouvelle rythmique au piano.
Un truc un peu militaire à la batterie.
C’est parti les guitares.
Le frisson.
LE SOLO DE SLASH !!!
La coda parfaite.
Le feu d’artifice, le bouquet final.
« Don’t ya think that you need somebody?
Don’t ya think that you need someone?
Everybody needs somebody »
La fin de November Rain, buddy, avec cette note de guitare qui vient crever dans la pluie, c’est quelque chose.
C’est sûr qu’en contraste avec toute la bouillasse qu’on vient de s’appuyer pendant presque 7 minutes, notre jugement est quelque peu altéré.
Mais cette coda est une merveille qui vient à elle seule justifier le fait de s’être infligé cette si malaisante parodie d’artistes accomplis.
Après ça, tu ne peux pas aller plus haut, ou plus bas, c’est selon.
Et quand on voit le pétage de score de cette compo de Rose sur Spotify, qui est le titre le plus streamé de tout Use I & II, on ne peut que s’incliner (devant les goûts de chiottes des Spotifiens).
On finit par le titre le plus emblématique du double album.
Mic Drop.
C’est fini ?
Pas tout à fait.
À Los Angeles, pas loin du studio où les Guns N’ Roses sont en train d’enregistrer, il y a un petit bar de Strip Tease , le Crazy Girls.
Les musiciens décident de s’y rendre un après-midi pour décompresser entre 2 sessions.
Il se trouve que c’est l’happy Hour, et ils en profitent pour vider plusieurs godets de diverses boissons alcoolisées.
Quand ils reviennent au studio, ils sont pétés comme des culs.
Leur producteur préfère les renvoyer chez eux pour la journée.
Mais ils insistent – avec ce pouvoir de persuasion des soiffards – pour enregistrer un truc quand même.
Quelle bonne idée.
Izzy a cette composition en stock qui ressemble à une de ces chansons à boire. Parfaite pour l’énergie du moment.
Matt Sorum prend un tambourin. De son propre aveu, il est tellement rond qu’il demande à son technicien de gérer le Boom de la caisse claire.
Izzy Stradlin prend sa guitare acoustique et partage à l’unisson le lead vocal avec Axl Rose.
Slash ajoute une touche bluesly en jouant de la guitare slide.
Shannon Hoon (le type de Blind Melon) et sans doute Duff McKagan assurent les backing vocals.
Il y a dans cette prise de You Ain’t The First cette magie de l’instant, la nonchalance, le bateau qui tangue.
J’imagine un festin comme on en trouve dans One Piece, avec Brook à la guitare et toute l’équipe qui se tape des gigots et d’énormes pintes de bière.
Un moment qu’on devine joyeux, festif et approximatif ; même si le propos du texte semble plus sombre, surtout si interprété au premier degrè.
Ce que j’aime ici justement, c’est qu’ils ne se prennent pas au sérieux.
Trop occupés à tenter de rester à la surface, à maintenir le cap.
Ça n’a rien à voir avec le reste, avec un niveau d’intimité et d’imprécision qu’on ne retrouve nulle part ailleurs parmi les 30 titres de Use Your Illusion.
Le morceau à peine terminé, on entend des chaises, du mouvement.
Duff propose :
« Tooo the baaar! »
On vous laisse y aller, la soirée ne fait que commencer sur Los Angeles.
Et le job est terminé.
Puis Slash de rajouter, satisfait :
« That was a take! »
Je les imagine quittant la pièce en titubant, bras dessus bras dessous, direction le Crazy Girls pour un second round.
Des bruits de pas qui s’éloignent, du chambrage, des rires.
On entend les techs qui rangent 2, 3 trucs.
Des lumières qui s’éteignent, des portes qui se ferment.
Puis plus rien.
Juste le ronron d’un ampli resté allumé.
That was a take, Slash.
That was a take.
Alors ?
C’est du lourd ou pas ?
Use Your Illusion (With NO Bullshit) ??
Déjà, laisse-moi te dire.
Alors, évidemment que c’est du lourd.
C’est du beaucoup trop lourd, même.
C’est un album d’anthologie.
Les notes de Use Your Illusion (with NO Bullshit).
You Could Be Mine 8/10
Yesterdays 7/10
Live And Let Die 7/10
Don’t Cry 8/10
Perfect Crime 7/10
Estranged 9.5/10
Right Next Door To Hell 7/10
Civil War 9/10
Knockin’ On Heaven’s Door 8/10
Double Talkin’ Jive 7.5/10
November Rain 6/10
You Ain’t The First 7/10
Durée totale : 59 minutes 48 secondes, 12 titres.
Contre 151 minutes et 48 secondes, 30 titres dans sa version originale.
Score total : 7, 583333333/10
Ya la note, et ya l’aura.
Le machin dure 1 heure.
1 heure d’une qualité globale rare.
C’est le nom du groupe : Guns N’ Roses.
Avec 8 putains de singles.
On a déjà mis des notes plus élevées par ici, mais la prise de risque est sans comparaison.
Parfois, ça marche. Estranged, Civil War.
Parfois moins. November Rain, et beaucoup d’autres qui ne sont pas sur la galette.
2 heures 30, c’était de la folie furieuse.
Ils auraient pu distiller tout ça pépouze sur 3 albums.
Prendre le temps.
Au lieu de ça, après cet effort, le groupe a lentement piqué du nez.
Mais cette heure-là, elle est exceptionnelle.
Ces 12 titres, c’est de l’or, c’est de l’art.
La première question c’est.
Est-ce que c’est mieux qu’Appetite For Destruction ?
Appetite est à la 62e place du classement de Rolling Stone Magazine. 62e… Bande de voyous pour commencer, mais enfin.
Oui, c’est mieux.
I prefer Use Your Illusion (with NO bullshit).
Un groupe qui va de l’avant, sort de sa zone de confort Hard Rock – dans laquelle ils auraient pu rester des décennies et se faire une carrière à la papa – pour nous pondre un truc pareil; c’est remarquable.
Oui, mais c’est mon p’tit cœur de fan qui parle.
Appetite est devant, sans doute.
Sans doute.
Mais dans cette nouvelle timeline, Appetite est à la 20e place du classement. Un juste échange avec Kid A qui se retrouverait autour de la 3267e place environ.
Donc, suivant cette logique, Use Your Illusion (with NO Bullshit) prendrait la place de D’Angelo.
Un type qui fait (ou faisait, je sais pas) une sorte de Soul Music sans intérêt.
Tout le monde s’en fout.
Loin, loin.
28e place,
(haut-de-forme) chapeau.
Sources principales :
En gros, le wiki des Guns : https://en.wikipedia.org/wiki/Guns_N%27_Roses
Interview de Matt Sorum, UltimateClassicRock.com :
https://ultimateclassicrock.com/guns-n-roses-you-aint-the-first/
Le Sub Reddit des metalheads : https://www.reddit.com/r/MetalForTheMasses/
Et le Sub Reddit des Guns : https://www.reddit.com/r/GunsNRoses/


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